Mot du Fondateur

Chez Africa Strategic Assets, nous intervenons dans un secteur où la confiance est tout. Les banques nous confient leurs actifs les plus sensibles. Les débiteurs subissent nos décisions. Les investisseurs s'appuient sur notre jugement. Dans cet environnement, l'éthique n'est pas une contrainte — c'est notre avantage concurrentiel fondamental.

Ce Code de Conduite et d'Éthique définit les principes qui guident chaque décision d'Africa Strategic Assets, en interne comme dans nos relations avec nos partenaires bancaires, nos clients et les tiers. Il est le reflet de notre conviction profonde : on ne bâtit pas une plateforme durable sur des pratiques douteuses.

Ce document est public. Nos partenaires peuvent l'exiger. Nos clients peuvent s'y référer. Nos concurrents peuvent s'en inspirer. C'est voulu.

Mathieu Lacore Président & Fondateur — Africa Strategic Assets

Les 5 questions à se poser

Avant toute décision, chaque collaborateur d'ASA doit se poser ces cinq questions fondamentales.

  1. 1Est-ce légal et conforme aux réglementations marocaines et internationales ?
  2. 2Est-ce en accord avec les valeurs et principes du présent Code ?
  3. 3Est-ce dans l'intérêt de nos partenaires bancaires, de nos clients et de la société ?
  4. 4Ai-je bien pris en compte les risques et conséquences de ma décision ?
  5. 5Serais-je à l'aise pour expliquer cette décision publiquement ?
Si la réponse à l'une de ces questions est non, ou en cas de doute, arrêtez-vous et consultez le Fondateur avant de poursuivre.
I

Nos valeurs fondatrices

Art. 1

Intégrité

L'intégrité est non négociable. Nous ne manipulons pas les informations, ne dissimulons pas les risques à nos partenaires et n'agissons jamais dans un intérêt contraire à celui de nos mandants. Chaque rapport que nous produisons reflète la réalité — même quand cette réalité est moins favorable que ce que le client espérait.

Art. 2

Transparence

Nos méthodes de valorisation, nos critères de segmentation et nos modes de rémunération sont expliqués clairement à chaque partenaire bancaire avant le début de toute mission. Il n'existe pas de frais cachés, de conflits d'intérêts dissimulés ou d'arrangements opaques chez ASA.

Art. 3

Respect de la dignité des débiteurs

Les créances en souffrance sont des actifs financiers — mais derrière chaque dossier, il y a une personne ou une entreprise en difficulté. ASA s'engage à traiter tous les débiteurs avec dignité et respect. Nous privilégions systématiquement la restructuration amiable à la saisie, et nous n'employons jamais de méthodes de pression abusives, d'intimidation ou de harcèlement.

Art. 4

Responsabilité

Nous assumons nos décisions et leurs conséquences. Quand nous commettons une erreur, nous la reconnaissons et la corrigeons. Nos collaborateurs ne sont jamais exposés à des sanctions pour avoir signalé un problème éthique de bonne foi.

II

Relations avec les partenaires bancaires

Art. 5

Confidentialité absolue des portefeuilles

Toute information relative aux portefeuilles NPL confiés par nos partenaires bancaires — composition, noms des débiteurs, montants, garanties, stratégies — est strictement confidentielle. Ces informations ne peuvent être communiquées à aucun tiers, y compris dans le cadre de négociations avec des investisseurs, sans accord écrit explicite de la banque mandante.

Ce que nous faisons
  • Signer un accord de confidentialité avant toute transmission de données
  • Stocker les données des portefeuilles sur des environnements sécurisés et dédiés
  • Détruire les données à la fin de chaque mission selon les modalités convenues
  • Informer immédiatement le partenaire en cas de violation ou de risque de violation
  • Traiter chaque portefeuille comme un actif appartenant exclusivement à la banque mandante
Ce que nous ne faisons pas
  • Utiliser les informations d'un portefeuille pour d'autres missions sans accord
  • Partager des données de portefeuille avec des concurrents ou des tiers non autorisés
  • Conserver des données au-delà de la durée de la mission sans autorisation
  • Utiliser les données débiteurs pour des fins autres que la mission mandatée
  • Sous-traiter sans accord préalable et sans engagement de confidentialité équivalent
Art. 6

Loyauté et primauté de l'intérêt du mandant

ASA agit toujours dans l'intérêt de son partenaire bancaire mandant. Nous ne prenons aucune décision sur un portefeuille sans en informer le mandant. Tout conflit entre notre intérêt propre et celui du mandant est résolu au profit du mandant ou soumis à sa décision.

Exemple concret

Un investisseur nous propose une commission additionnelle pour orienter vers lui un portefeuille que nous gérons pour une banque. Réponse : refus immédiat et signalement au partenaire bancaire. Notre rémunération ne peut jamais créer de biais dans notre conseil.

Art. 7

Qualité et exactitude des livrables

Nos rapports de diagnostic, évaluations de portefeuilles et recommandations sont fondés sur une analyse rigoureuse des données réelles. Nous ne présentons jamais des projections de récupération non étayées pour décrocher un mandat. Si les données ne permettent pas de conclusions fiables, nous le disons explicitement.

III

Relations avec les débiteurs

Art. 8

Traitement digne et respectueux

Tout débiteur contacté dans le cadre de nos missions est traité avec respect et dignité, quelle que soit la nature ou l'ancienneté de sa créance. Nous n'employons ni intimidation, ni harcèlement, ni pression psychologique. Nous nous conformons strictement au Code Éthique du Recouvrement Pré-Judiciaire établi par Bank Al-Maghrib et les banques marocaines.

Ce que nous faisons
  • Nous présenter clairement et expliquer notre rôle et notre mandat
  • Contacter les débiteurs à des horaires décents et avec un préavis raisonnable
  • Proposer systématiquement des solutions amiables avant toute procédure judiciaire
  • Respecter le droit à l'information du débiteur sur le montant et la nature de sa créance
  • Traiter avec la même équité les particuliers et les entreprises
Ce que nous ne faisons jamais
  • Contacter l'entourage (famille, employeur, voisins) du débiteur
  • Exercer des pressions verbales, psychologiques ou physiques
  • Facturer des frais non prévus au contrat de prêt d'origine
  • Appliquer des taux d'intérêt supérieurs à ceux du contrat d'origine
  • Menacer de saisie sans titre exécutoire obtenu par voie judiciaire
Art. 9

Protection des données personnelles des débiteurs

Les données personnelles des débiteurs (identité, revenus, adresse, situation patrimoniale) sont traitées dans le strict respect de la Loi 09-08 relative à la protection des données personnelles. Ces données ne sont utilisées qu'aux fins de la mission de recouvrement et ne sont jamais communiquées à des tiers non autorisés.

IV

Prévention de la corruption

Art. 10

Engagement anticorruption

La politique d'Africa Strategic Assets est celle de la tolérance zéro en matière de corruption, sous toutes ses formes — corruption active ou passive, trafic d'influence, paiements de facilitation. Tout acte de corruption est passible de sanctions disciplinaires immédiates et expose son auteur à des poursuites pénales conformément aux articles 248 et suivants du Code Pénal marocain.

Art. 11

Cadeaux et invitations

ASA n'accepte ni ne sollicite aucun cadeau, avantage ou invitation susceptible de compromettre son indépendance de jugement ou de créer une situation de conflit d'intérêts. Seuil applicable : tout cadeau ou avantage de valeur supérieure à 500 MAD doit être déclaré au Fondateur.

Ce que nous acceptons
  • Cadeaux symboliques d'une valeur inférieure à 500 MAD (après déclaration)
  • Invitations à des événements professionnels avec justification commerciale claire
  • Repas de travail proportionnés et justifiés
Ce que nous refusons
  • Tout cadeau envoyé au domicile personnel
  • Voyages ou hébergements pris en charge par un tiers
  • Avantages en espèces quelle qu'en soit la forme ou le montant
  • Cadeaux pendant la durée d'une négociation ou d'un appel d'offres
Art. 12

Conflits d'intérêts

Un conflit d'intérêts existe dès lors que l'intérêt personnel d'un membre d'ASA (financier, familial, professionnel) est susceptible d'influencer son jugement dans l'exercice de ses fonctions. Tout conflit d'intérêts réel ou potentiel doit être déclaré immédiatement au Fondateur, qui détermine les mesures appropriées.

Exemple concret

Un associé d'ASA possède des parts dans une société dont un débiteur géré par ASA est actionnaire. Ce conflit doit être déclaré et cette personne doit s'abstenir de toute participation aux décisions relatives à ce dossier.

V

Protection de la réputation

Art. 13

Secret professionnel

Le secret professionnel est le fondement de toute relation de conseil financier. Chaque membre d'ASA est lié par une obligation stricte et permanente de discrétion sur toutes les informations obtenues dans le cadre de ses fonctions — informations sur les portefeuilles, les débiteurs, les stratégies des banques partenaires, les résultats des missions. Cette obligation s'applique pendant et après la fin de toute collaboration avec ASA.

Art. 14

Réseaux sociaux et communication publique

Les membres d'ASA peuvent mentionner leurs fonctions sur les réseaux professionnels. Ils ne peuvent en aucun cas publier d'informations sur les missions en cours, les clients, les portefeuilles gérés ou les résultats obtenus sans accord écrit préalable du Fondateur. Toute prise de parole au nom d'ASA est réservée au Fondateur ou à ses délégataires expressément désignés.

Art. 15

Lutte contre le blanchiment de capitaux

ASA applique une vigilance constante dans le cadre de ses activités, conformément aux dispositions de la Loi 43-05 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux. Toute opération présentant des caractéristiques inhabituelles ou sans justification économique apparente fait l'objet d'une analyse approfondie. En cas de doute, l'opération est suspendue et le Fondateur est immédiatement informé.

VI

Guide des rendez-vous bancaires

Ce guide s'applique à tous les premiers rendez-vous avec des décideurs bancaires marocains. Il reflète les codes culturels du milieu bancaire marocain, qui sont aussi importants que le contenu de la présentation.

Art. 16

Le script de rendez-vous — version culturellement adaptée

Phase 1 — L'accueil 5 à 10 min · Ne jamais presser

Arriver légèrement en avance. Laisser l'hôte initier le sujet du rendez-vous. Ce premier temps est consacré à l'hospitalité : thé ou café, échange sur l'actualité du secteur, des nouvelles de la place. Ne jamais mentionner le motif de la visite pendant cette phase. L'hôte ouvrira le sujet business quand il sera prêt. Un banquier marocain senior évalue votre personnalité avant votre offre.

Phase 2 — La découverte 10 à 15 min · Écouter 80% du temps

Quand l'hôte aborde le sujet professionnel, répondre sobrement sur votre démarche, puis poser des questions ouvertes :

« Comment gérez-vous actuellement les dossiers qui n'avancent plus depuis plusieurs années ? »
« Dans votre portefeuille, quels sont les profils de débiteurs les plus difficiles à traiter ? »
« Avez-vous réfléchi à des cessions de portefeuilles dans le contexte de la réforme en cours ? »

Écouter activement. Prendre des notes. Ce que le banquier dit dans ces 15 minutes vaut plus que n'importe quel audit externe.

Phase 3 — La valeur 5 à 8 min · Concrète et ancrée

Après avoir écouté, présenter brièvement la méthode ASA en l'ancrant dans ce que le banquier vient de dire. Utiliser ses propres mots. Montrer la simulation sur un portefeuille type de la taille mentionnée. Ne jamais mentionner les concurrents.

Phase 4 — La prochaine étape 2 min · Proposer, ne pas fermer
« Je pense que nous pourrions avoir une conversation très concrète sur quelques dossiers de votre portefeuille. Je vous propose de revenir avec une proposition de diagnostic sur un périmètre que vous définiriez — rien de contraignant, juste pour vous montrer notre méthode sur des cas réels. »

Repartir avec une date ou un contact. Ne jamais repartir sans avoir cadré la prochaine étape, même informellement.

Art. 17

Règles culturelles non négociables

  • Le titre Toujours « Président d'Africa Strategic Assets » sur la carte de visite et en introduction. Jamais « consultant » ou « conseil » seul — le titre compte autant que le contenu.
  • Le wasta Une introduction via un contact commun vaut dix fois un email froid. Priorité systématique aux introductions. Le réseau d'Omar Lazrek, d'Aziza, des anciens de la Sorbonne et de l'IAE Paris sont vos premiers actifs.
  • Le silence Un silence ne signifie pas un refus. Une absence de réponse peut signifier une réflexion en cours. Relancer deux fois maximum (J+7 et J+14), puis laisser du temps.
  • L'engagement oral Un accord donné en face à face par un banquier marocain senior est tenu. Il n'a pas besoin d'être mis par écrit immédiatement. La confiance précède le contrat.
  • L'hospitalité Si vous êtes reçu avec du thé et des gâteaux, c'est un signal positif. Si la réunion se termine rapidement et formellement, le banquier n'est pas convaincu. Ajustez pour le prochain rendez-vous.

Mise en œuvre & révision

Ce Code de Conduite et d'Éthique est révisé annuellement ou chaque fois qu'une évolution réglementaire significative le nécessite. Il est communiqué à tout nouveau collaborateur, consultant ou partenaire dès le début de la collaboration, et figure sur le site internet d'Africa Strategic Assets.

Toute question relative à l'interprétation de ce Code doit être adressée au Fondateur : ceo@africastrategicassets.ma